victim of fate
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tant pis pour les victoires et tant mieux pour les défaites
les gens sont gentils et prévenants. un mois est passé, c'est sorti des actualités fraîches, relégué à la deuxième page. on passe au post-traumatique. des histoires d'habitude à perdre et de quartiers à éviter. et peut-être que c'est vain, peut-être que dans quelques temps il passera des mois sans nouvelles. ça fais l'effet d'un brouillard...rien n'est clair maintenant. l'anticipation est devenue difficile, voire impossible. un samedi, un dimanche et retour ici. ici les jours ont l'avantage incommensurable d'être avalés par la montagne de choses à faire. et le reste du temps, dans une attente gluante, de changement, de folie, de quelque chose... on est un brin pathétique surement, mais par rapport à d'autre on reste quand même indéniablement différents.
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pendant ces journées loin de la vraie vie et de l'appartement d'étudiante, c'est compliqué de faire des choses intelligentes. il est déjà bien l'après-midi quand le corps émerge, embrumé dans les dernières vapeurs de vodka de la veille. la tête ne fait pas mal, les mouettes font vraiment bien rire. ils promettent des tonnes de trucs et finalement il ne se passe rien. tant pis. je ne le aime plus tant que ça au final, je sais jongler maintenant. le sang ne circule plus aussi bien depuis quelques temps, mes membres sont engourdis dès que possible. y doit y avoir une métaphore quelque part, mais là tout de suite, impossible de là localiser.
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c'est drôle comme rien ne fait envie. boire peut-être, devant un film presque culte. s'oublier. le corps se couvre de bleus fait par maladresse, comme si rien ne comptait, on ne fait attention à rien. et c'est presque agréable de se sentir contractée, de ne presque pas pouvoir bouger sans grimaces. je n'ai pas su le dire, incapable de trouver les mots pour que ce chamboulement perde de sa gravité, au moins en apparence. alors je le raconte avec détachement, les yeux rivés sur autre chose que l'interlocuteur. et je rentre tôt.
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il suffit de se résigner, d'accepter de faire les choses comme une grande fille. j'ai bien compris qu'il fallait renoncer en grandissant. on ne fais plus ce que l'on veut en devenant adultes. en plein dans la norme, une jolie histoire détruite par d'autres histoires et une fin bien comme il faut. le tee-shirt qu'on ne me rendra pas était agréable pour dormir, et pour être malade. je croyais pouvoir emmerder le monde pour le reste de ma vie, en gagnant une carte de presse, en ayant trouvé ce mec hors norme, en ayant des amis de folie qui seraient là pour l'éternité. finalement, ce sera thèse et pour le reste on verra. quelqu'un a dit un jour que ce serait agréable de devenir fourmis, que la vie serait semée de moins d'embuche comme ça. on en revient toujours au même point, faire des concessions revient à se sacrifier, à s'amputer. une thérapie me sauverait sans doute, me remettrait sur les rails, ça a marché pour certaines qui sont "les plus heureuses du monde" maintenant. mais rien à faire, de ces petites vies je n'en veux toujours pas.
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mes goûts musicaux sont à chier en ce moment... sauf pour le nouveau gossip et les b-sides d'un album tout pourri. c'est tout.
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je ne sais plus m'endormir, je ne fais que tomber une fois les cinq heures presque atteintes. les yeux piquent, le ventre fait mal et le dos est noué mais ça ne change rien. j'ai oublié comment m'allonger et attendre que ça vienne. je crois que je suis devenue une genre de femme, il est plus facile de s'endormir contre un autre corps, quand la respiration de l'autre fait comme une berceuse après un peu de temps. cette fin d'année à une gueule bizarre. c'est effrayant de ne pas s'appeler, de pas savoir quand on se croisera. c'est effrayant d'attendre qu'il dise "viens". c'est peut-être de la mélancolie du début. quand je pensais qu'avec son aide j'arriverais à emmerder le monde pour de bon, qu'avec lui à mes côtés rien ne pouvait m'arriver, un peu comme dans la rue, quand il tient ma main les gens demandent toujours des clopes gentiment. il a fallu six mois pour que ça sorte enfin de moi, que j'arrive à lui dire que j'étais amoureuse de lui. il a fallu plus de trois ans, mais je compte surement faux une fois la première année passée, pour se retrouver le nez dedans. les belles familles, les coucheries, les vieilles histoires qui deviennent des reproches, des trucs pas digérer et des ruptures insupportables un peu partout. j'aimerais avoir une idée claire, une ligne de conduite et m'y tenir. j'aimerais avoir envie d'une vraie histoire bien comme il faut. la vieille devient mourante, et pendant quelques minutes, ça a donné des envies de progénitures. pour qu'elle les voit, qu'elle les aime, qu'ils sachent comme elle était formidable. mais on ne fait pas des enfants par culpabilité, on ne fait pas des enfants pour empêcher les gens de mourir... on devient adultes, il faudrait faire des choix cohérents. et moi je n'ai qu'une envie, qu'elle me traîne dans des musées que je trouverait ennuyant à mourir, qu'elle me force à faire une page de cahier de vacances par jour et qu'elle retrouve ce putain d'air rieur qu'elle avait dans les yeux en racontant sa fugue de quand elle avait 18 ans.
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il se passe quelque chose. et ça ne se résoudra pas le soir du réveillon. les choses bougent. et l'utérus de la copine n'en finit pas de s'étirer. deux bouteilles de blanc sont parfois bien agréables, et les larmes qu'elles entraînent ne sont pas toujours pathétiques.
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